Panaït Istrati naît à Braïla, en Valachie danubienne, le 11 août 1884. Sa mère est une paysanne roumaine et son père un contrebandier grec. Il grandit misérablement dans le port de Braïla.

Autodidacte et ardent défenseur des causes sociales, il devient, à l'âge de vingt ans, rédacteur du journal progressiste "La Roumanie ouvrière", puis secrétaire du Syndicat des travailleurs portuaires.
Mais sa soif de voyage et de découverte l'entraîne bientôt dans un long vagabondage à travers le monde. Il parcourt la Grèce, la Turquie, la Syrie, parvient en Egypte et poursuit jusqu'en Afrique du Sud. Il n'hésite pas à s'embarquer clandestinement sur des cargos, quitte à être débarqué à la première escale. Au cours de ses années d'errance précaire il exerce tous les métiers que la nécessité du moment lui fait embrasser ; il est tour à tour valet de chambre, garçon d'hôtel, homme à tout faire, chaudronnier ou peintre d'enseignes.
Il rentre en Europe, traversant l'Italie puis la Suisse. Il séjourne environ deux ans à Vouvry pour participer aux grands travaux d'assainissement de la plaine du Rhône. Il y rencontre Arthur Parchet et les deux exilés se lient d'amitié.
Panaït Istrati apprend le français au cours de ses voyages et part pour Nice où il devient photographe ambulant sur la Promenade des Anglais. Sa vie est toujours aussi précaire et mouvementée.
En janvier 1921, Romain Rolland, écrivain français établi à Villeneuve, reçoit de l'hôpital de Nice une lettre trouvée sur un homme ayant tenté de se suicider en s'ouvrant la gorge. Bouleversé par sa lecture, il décide de faire la connaissance de son auteur qui n'est autre que Panaït Istrati.
Cet évènement marque un tournant dans l'existence de ce dernier qui se met à écrire.
Son premier roman, "Kyra Kyralina", paraît en 1924, préfacé par Romain Rolland qui compare son auteur à un "Gorki balkanique". L'ouvrage connaît un grand succès. "L'Oncle Anghel" et "Présentation des Haidoucs" complètent, en 1925 et 1926, la trilogie des "Récits d'Adrien Zograffi".
Jusqu'à sa mort à Bucarest en 1935, Panaït Istrati publie une dizaine de récits dont : "Codine" (1920), "Nerrantsoula" (1927), "Les Chardons du Baragan" (1928) et "Vers l'autre flamme" (1929) où, au retour d'un voyage en URSS, cet ancien militant raconte les cruelles déceptions qu'il a vécues en découvrant les réalités du communisme soviétique.
"Les Chardons du Baragan" est sans doute l'oeuvre qui illustre le plus parfaitement, tant par les thèmes que par l'écriture, ce que Panaït Istrati apporte d'unique à la littérature française. Ce récit raconte l'apprentissage d'un enfant qui, à la suite de son père, pauvre marchand ambulant, sillonne les campagnes d'une Roumanie encore presque féodale au début du 20e siècle. C'est aussi une sorte de roman picaresque exotique d'une étonnante puissance. Dans un français dépouillé de toute rhétorique, évoquant des images pleines de couleur et de relief, Panaït Istrati, mêlant lyrisme et réalisme, révèle jusqu'à l'âme un monde de dénuement et de sauvagerie, hanté par de splendides légendes et écrasé par les traditions de la servitude. Mais en un instant, un incident fait basculer la résignation désespérée en une révolte active.

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